PLAYLIST DE GANTZ !


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[A5 - Sakyo Jinnai ] FEAR

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Gantzer A
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Sakyo Jinnai

Fiche : http://gantz.forumpro.fr/t219-sakyo-jinnai-valide
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Mer 14 Juil 2010, 21:28

Thème musical

Il était assis, là, sur le bord de son lit. Les mains crispées, serrant de plus en plus fort ses armes. Mais il était seul. Sakyo venait de voir ses amis être transférés, à l'instant. Ils furent les seuls à ressentir cette "sensation", celle qui était censée les appeler à venir se battre. A sauver leurs vies. Et étrangement, le jeune romancier avait hâte... Ces entraînements... ils avaient su le forger un peu plus. Physiquement et mentalement. Il était plus vif, plus fort, et connaissait cette stratégie par cœur. Il ne se voyait même pas comme risquant sa vie. Il imaginait une mission, une aventure, puis la fin, simplement. Ils rentreraient chez eux, sains et saufs, et se prépareraient à une nouvelle mission, encore et encore, jusqu'à ce qu'ils puissent sauver des vies, et finalement la leur. Mais... non... il était resté dans cette chambre, seul.

Il essaya de se rassurer, évidemment. Il y avait bien possibilité qu'il soit transféré dans la minute? Il attendit, la peur le gagnait un peu plus... puis rien. Rien du tout. Cet entraînement n'avait servi à rien s'il devait se retrouver seul. D'ailleurs... il ne s'était jamais autant senti comme cela. Tout seul, sans pouvoir compter sur qui que ce soit. Et pourtant, dieu sait qu'il avait vécu longtemps de la sorte. Mais tisser de tels liens d'amitié avaient dû le fragiliser, d'une certaine manière. La solitude était quelque chose qu'il craignait à présent. Mais ce n'était pas tout, c'était certain... Désormais, il y avait aussi la peur de la mort qui le gagnait de plus en plus. Il n'avait plus d'ami, de réel allié. Il ne pouvait plus se protéger du martien Stoned, qui pouvait arriver à n'importe quel moment. A présent, il n'avait plus la capacité d'engager un tel affrontement. Et il n'aimait pas ça...

Sakyo était équipé, ce n'était pas pour ne rien faire. Ses amis étaient peut-être en danger. Même s'il n'avait pas été transféré, il pouvait peut-être encore se rendre sur les lieux de la mission. Tokyo, ce n'est pas si grand pour un homme qui peut courir à pleine vitesse tout en ayant cette combinaison. Il pouvait même sauter de bâtiments en bâtiments s'il voulait aller plus vite et voir plus loin. Il sortit, alors. Ses armes rangées, surveillant le contrôleur et une éventuelle fréquence via son oreillette, c'est invisible qu'il commença à voyager, en démarrant sa course pas un saut gigantesque qui le porta jusqu'en haut du bâtiment le plus proche de la résidence.

"Où êtes-vous...? Je vous en prie répondez moi!"

Aucun réponse, bien entendu. Et la ville montrait un calme alarmant. Jamais il n'aurait pu s'imaginer vouloir sentir une explosion, voir un cadavre ou autre chose. Et alors que l'atmosphère était détendue, il ne pouvait s'empêcher de ressentir ce sentiment d'urgence. Il courut, sauta, peut-être une centaine de fois. Quadrillant la capitale du Japon, passant par la Tour que l'on pouvait voir de la chambre. Rien... absolument rien...
Il n'y avait qu'un seul autre endroit où ils étaient susceptibles de se trouver... Puisqu'il n'y avait là aucune zone assez grande qui puisse servir de champ de bataille, il y avait plusieurs solutions. Soit la mission s'était terminée aussi vite qu'elle avait commencé (ce qui était peu probable) et ils se sont retrouvés dans la chambre... soit ils étaient dans une autre chambre. On savait, grâce au site de Nishi, qu'il y en avait eu, en tout cas... Mais est-ce que l'on avait déjà vu pareils transferts? Des passages dans différentes villes? On trouvait des gens d'autres ethnies, certes, mais rien n'affirmait que ces personnes là venaient directement d'autres pays...
Dans tous les cas, il devait voir la chambre. Mieux encore, il devait voir Gantz... Depuis la Tour, il se dirigea immédiatement vers le bâtiment où elle se trouvait. Jamais il n'avait été aussi rapide. Le vent sifflait dans ses oreilles et le son se faisait presque aussi insupportable que cette urgence dont il était victime. On était bien loin de ces exercices, de l'imagination qu'il s'était faite des prochaines missions. C'était étrange... de se dire qu'il aurait voulu être emmené là bas. Qu'il aurait voulu se battre, alors que c'était ce qu'il craignait le plus au début.
Lorsqu'il arriva à destination, ce n'est pourtant qu'une porte close qu'il rencontra. Il essaya tant bien que mal de l'ouvrir, de la défoncer, même... Et dans sa charge, ce n'est pas la force qu'il enfonça, mais le parquet du couloir qui y menait. La combinaison avait clairement décuplé sa force, mais ce n'était peut-être rien par rapport à la rage dont il était emprunt.

Définitivement, le romancier avait tout essayé. Il avait essayé de toutes ses forces.

Il s'écroula, comme si cette dernière tentative l'avait vidé de toutes ressources... les larmes coulèrent autour de ses joues... puis Kyou apparut. Le secouant par les épaules, se moquant de lui, le sommant de se mouver les fesses, de se réveiller. Puis Reika, à ses côtés, se retenait de pouffer de rire, toujours comme par politesse. Le jeune homme ne se fit pas prier, il le prit dans ses bras, même si la surprise gagna clairement son visage. Et en dégageant son bras, il attrapa la belle idole et lui fit partager cette accolade, en le faisant se mêler à eux. Sakyo ferma les yeux, respira dans les cheveux de ses amis, exprima un clair soulagement en laissant couler des larmes plus grosses.

"Merci... merci d'être là..."

Puis il rouvrit les yeux...
Tout n'était que fantasme... Il était encore seul. Comme toujours. Ses larmes avaient coulé, oui, mais Kyou et Reika avaient disparu... peut-être à jamais... Il se releva alors. Finie la course, tout était perdu. Il était définitivement seul. Ses seuls alliés... non... ses seuls amis étaient partis. Peut-être morts... Mais pourquoi n'avait-il pas été appelé? Tout en se dirigeant vers la résidence des Hanaki, il y pensa. Un instant, il crut être libre... mais il comprit qu'il devait avoir oublié ses souvenirs si c'était le cas. Et s'il n'avait pas de clone de lui-même, sans doute qu'il ne pouvait pas s'agir d'un "bug" comme il était question avec Reika... Alors quelle était la raison? Gantz les avait choisis plutôt que lui, en tout cas... Et cette entité voyait tout... Peut-être qu'il ne voulait pas voir cette coopération... ce trio qui s'annonçait du tonnerre. Pourquoi eux plutôt que lui alors?
Peut-être bien qu'au final... c'était simplement parce qu'il était le moins fort. Qu'il était celui dont on avait le moins besoin. Peut-être bien qu'il était inoffensif par rapport à la détermination de Kyou et la force dont Reika faisait preuve lorsqu'elle était avec lui.

En arrivant dans la résidence, il remarqua que la porte était ouverte. Pourtant il n'imagina pas retrouver ses amis ici. Non, elle était ouverte simplement parce que lui avait oublié de la fermer en sortant dans la hâte. Il monta les escaliers, avec difficulté, étrangement. Même le fait de se déshabiller devenait une véritable corvée. Puis, finalement nu, il se mit au lit, en position fœtale alors que ce n'était encore qu'un début de soirée. Il tendit l'oreille, perçut l'activité dehors. La circulation, quelques voix... Ce seraient les seules choses capables de l'accompagner maintenant.

"Ils sont morts... Ils sont très certainement morts..."

Il ferma les yeux. Mais il ne pouvait dormir. Il ne voyait que les visages de ses alliés. Encore une fois, Kyou le charriait devant sa sensibilité, et Reika riait toujours.

"Qu'est ce que je vais faire...?"

Enfin, il éclata en larmes. Une tristesse si forte qu'en essayant de crier, il semblait qu'on lui avait ôté la voix. Il pleurait, la bouche ouverte, frappant le sol de son poing, comme un enfant. Et ce n'est qu'après cela qu'il finit pas s'endormir dans l'endroit qui fut sa première collocation avec ses seuls amis. Pour la dernière fois.


Ce n'était pas qu'une illusion. Cette douleur, je la sentais. Et ma peau, déchirée, mes cris, étranglés, je les entendais.
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Gantzer A
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Sakyo Jinnai

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Jeu 15 Juil 2010, 23:02

Quand Sakyo se réveilla, il se rendit compte que le matelas était totalement humide. Il pensa immédiatement au pire: aurait-il uriné cette nuit? En était-il arrivé à ce point dans la déchéance? Eh bien non, ce n'était "que" sa transpiration. Certainement mêlée à ses larmes. Il avait réussi à dormir, pourtant. Peut-être avait-il cauchemardé, en pensant à ses amis et à ces dernières semaines, qui furent particulièrement éprouvantes. Dans tous les cas, il ne s'en souvenait pas. Mais en se réveillant, il y repensa malgré tout: il était encore seul.
Après avoir pris sa douche, il enfila sa combinaison et descendit dans la cuisine. Il devait manger un minimum avant de retourner chez lui. Car c'était ce qu'il comptait faire en cette journée. Il n'avait plus sa place dans la résidence Hanaki. Si ses amis n'étaient plus là, il n'avait plus aucun intérêt à vivre ici. Il serait toujours seul désormais. Pourtant, en arrivant dans la cuisine, il les vit encore une fois. Reika cuisinait, comme pour se donner un rôle de maman avec ses deux enfants, toujours en train de se chamailler, de se taquiner. Kyou, lui, était devant la télé avachi sur le fauteuil, à moitié endormi. Le matin ne lui réussissait pas. Qu'est-ce que l'écrivain n'aurait pas donné pour entendre Reika lui demander de l'aide, ou même pour que Kyou sorte de sa torpeur et se mette à l'accuser d'autres perversités... Mais évidemment... cette vision s'évapora.
Sakyo les verrait encore longtemps de la sorte, ses amis. Mais il fallait s'y faire: ils ne reviendraient pas. Ils étaient morts... Une mission ne dure qu'une heure, et ils n'ont même pas pu revenir en une nuit... Non, c'était fini... Jamais plus il ne les reverrait en se disant qu'il pourrait les embrasser et vivre de nouveau avec eux. Non. Désormais, ils seraient des fantômes d'un passé bien trop proche pour être oublié.

Quand le romancier eut fini de manger, il commença à faire ses valises. Enfin... il n'avait pas vraiment besoin d'énormément de choses. Il reprit ses vêtements, ses armes, les documents du site de Nishi, son caméscope, ses affaires de toilettes, son portable... mais lorsqu'il s'apprêta à mettre la main, il se rappela... Kyou avait emmené l'ordinateur avec lui, dans son transfert, dans l'espoir de pouvoir utiliser les radars avec le contrôleur! Pendant un instant, Sakyo crut voir son cœur s'arrêter, mais il se calma vite. Il se souvint qu'il avait sauvegardé tous ses écrits sur une clé USB qui se trouvait toujours dans son porte-feuille. Bien entendu, il jeta un œil à ce dernier... et elle ne manquait pas. Cet ordinateur renfermait beaucoup de choses personnelles en plus des informations sur Gantz, mais ce n'était rien à côté de cette clé USB et de la quasi totalité de ses écrits...
Il inspira profondément, expira bruyamment, exprimant tout son soulagement... puis ferma ses sacs. Il pouvait partir maintenant. Il pensa cependant un instant à récupérer tout le liquide que Reika avec pu retirer. Il y avait énormément d'argent, bien qu'il n'aie pu évaluer combien il y avait... Certainement plus que ses économies en tout cas... Mais son éthique le forçait à abandonner cette idée: c'était à Reika, et si elle était morte, ce n'était pas à lui que cet argent devait revenir mais plutôt aux sœurs de Kyou. Maintenant que ce dernier était parti, elles devraient se débrouiller seules... et un apport financier ne pouvait pas faire de mal... Alors il prit le sac d'argent de Reika, placé dans sa chambre, et le déposa dans le salon. Au pire, si elles appelaient la police pour signaler cet argent, elles en seraient propriétaires malgré tout, si personne ne venait le réclamer. Et Sakyo n'ayant pas de casier judiciaire, ses empreintes digitales ne pouvaient pas être répertoriées... Il était sauvé, en quelques sortes. Du moins, sur ce point là...

Car en quittant le domicile pour rentrer chez lui, il se souvint aussi d'un autre problème: Mariko... On ne savait toujours pas s'il était accusé de quoique ce soit... Mais en tout cas, si lui était vivant et qu'elle était morte, le problème restait dans le fait qu'on les aie vus tous les deux ensemble. Forcément, on remarquerait sa disparition. Et on l'accuserait quand on comprendrait...
Et pourtant... en se retrouvant devant son appartement, il ne remarqua rien de particulier. Quand il tourna la clé dans la serrure non plus. Et quand il poussa la porte, le domicile était resté tel qu'il était au moment où il l'avait quitté. Il posa ses sacs, alla dans la salle de bain et vit que sa fenêtre était restée ouverte. Heureusement, la pluie n'est pas rentrée, et un quelconque pigeon n'aura pas non plus tenté d'y faire son nid.

C'est en se retournant, dans l'intention de fermer la porte d'entrée... qu'il le vit...

Un homme grand, courbé, emmitouflé dans son imperméable, le visage dissimulé par un grand chapeau... Et à ses pieds nus, une flasque visqueuse... et un bras. Un bras semblait pousser, prenant davantage une forme de tentacule, pour finalement s'élever et ôter la coiffe de la créature... découvrant le visage... du martien Stoned. Il souriait... dieu qu'il souriait d'une manière monstrueuse! Toutes ses dents étaient découvertes... sa bouche était si grande que Sakyo se serait bien vu dévoré vivant, en une seule bouchée. Mais non, le monstre n'allait pas le dévorer lui... il avait d'autres projets. Car quatre autres bras jaillirent de son dos, faisant exploser le tissu de l'imperméable, pour foncer sur l'écrivain... mais s'arrêter à quelques centimètres de lui... Pour mieux lui montrer les têtes de ses quatre seuls alliés qui étaient encore en vie dans la chambre. Kyou, Reika, Kentaro... et même Antonio... Ils étaient là, laissant s'écouler leur fluide vital sur le sol, le regardant à travers des yeux vitreux...

"Il me reste un dernier bras, mon petit... hé hé hé... Et tu vas le décorer!"

Sakyo ferma les yeux, par peur ou bien par espoir que cette chose ne soit qu'un fantasme... puis la vision disparut. Il s'écroula sur son arrière train, prêt à penser qu'il était devenu fou. Mais ce ne devait pas vraiment être ça. Du moins... la folie, n'importe qui aurait pu la côtoyer suite à cette première mission. Il avait vu de braves personnages mourir devant lui, sans ne rien pouvoir faire. Et maintenant, c'était ses amis qui étaient partis.
Peut-être qu'au final, devenir fou, voir ses amis de la sorte, ce n'était pas si mal...

Mais il fallait se relever. Continuer à vivre...
Après avoir déballé toutes ses affaires, Sakyo sortit. Non pas qu'il en avait envie, mais il se devait d'investir dans un nouvel ordinateur. Au moins pour continuer ses écrits, mais aussi pour l'utilité qu'il aurait en étant connecté au contrôleur, en pleine mission. Bien entendu, à la prochaine, son rôle de sentinelle n'aurait pas vraiment de sens, mais le fait de détecter au moins les ennemis sur une zone plus large, cela n'avait pas de prix.
Son dernier ordinateur avait été très coûteux. Et puis ce n'était pas un ordinateur très transportable, même s'il était portable, étant donné sa grosseur. Là, il devait investir dans un notebook. Il semblait d'ailleurs que le graphisme de la fonction GPS du contrôleur s'adaptait très facilement à toute sorte de d'objets informatiques: la comparaison avec son caméscope de basse qualité et son ordinateur.
Bref, même avec ses économies, il ne pouvait pas se permettre d'investir dans un ordinateur de bonne qualité s'il risquait d'être détruit en pleine mission. Un simple notebook, petit et transportable suffisait. Il paya alors 60 000 yens [500 euros environs] pour une de ces merveilles. En rentrant chez lui, il se familiarisa avec l'instrument en y installant internet en y copiant le contenu de sa clé USB. Tout y apparaissait... Soulagement... Alors il se mit à écrire.

Mais pas la version que l'on imaginait...

Plutôt que de décrire son aventure de manière romancée et dans un autre univers, il préféra la décrire telle qu'elle. Pourquoi? Ses amis étaient morts, il était seul et risquait lui aussi de mourir à nouveau. Il ne pouvait pas écrire tout cela aussi vite. Du moins... pas pour l'instant...
Alors pour qu'on se souvienne de lui, il allait publier cette aventure comme il l'avait vécue. Non seulement parce que c'était plus rapide, mais aussi parce que les sentiments étaient réels. Il se devait de montrer comme la mort était proche de tous les êtres humains que nous sommes. Et plutôt que de faire cela en publiant cette histoire directement par l'édition d'un livre, il ferait en sorte qu'elle soit accessible à tous: Il la publierait sur un magazine. Le genre que tout le monde lit. Le genre de personne qui pourrait reconnaître cette histoire... en se retrouvant dans la chambre...

Chroniques d'un faux vivant


Cette histoire commence le jour où l'on m'a tué...


Ce n'était pas qu'une illusion. Cette douleur, je la sentais. Et ma peau, déchirée, mes cris, étranglés, je les entendais.
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Sam 17 Juil 2010, 01:54

Sakyo n'avait pas qu'un talent pour l'écriture. Il avait aussi une empathie et une sensibilité plus forte que d'ordinaire. Et si durant cette aventure il avait montré un courage impressionnant, il fallait avouer que la plupart de ses actions s'étaient faites par impulsions. C'était ainsi qu'il avait sauvé Saki, combattu le martien Stoned. Mais c'était malheureusement aussi de cette manière là qu'il avait vu sa combinaison pulvérisée. Et surtout, c'était avec cette attitude là qu'il était mort la première fois... Alors, mettre par écrit tout ce qu'il avait vécu et ressenti, en détails, cela ne put que le toucher plus profondément. La perte de ses amis l'avait anéanti... Mais réécrire cette expérience de mort et ce sauvetage vain de Mariko, ce fut de trop. Il n'avait fait que penser à son propre décès. A sa propre expérience, plus qu'à celle de Mariko, au fond. C'était une réaction naturelle, certes, mais il était de ces personnages qui se pensaient égoïstes en ces conditions. Et maintenant qu'il avait mis cela par écrit, il croyait comprendre cette pauvre collégienne. Cette fille était morte et était revenue traumatisée, débraillée... Ces ordures qui avaient osé kidnapper des jeunes filles avaient certainement dû la violer...

En écrivant cette histoire, il venait de revivre son meurtre. Plus violemment que jamais. Et étrangement, il se souvenait de chaque insulte, de chaque personnage. Il se souvenait comment il avait été frappé, quelles sensations singulières il avait endurées... On l'avait violenté, torturé, puis tué. Il avait été littéralement trucidé, et celle qu'il voulait protéger s'était certainement faite violer avant d'être assassinée... C'était étrange de se dire qu'il n'y avait pas repensé depuis cette mission. Sans doute était-ce l'immensité de cette aventure qui avait piétiné ce souvenir de mort...
Alors, son projet d'écriture et de publication se vit retardé par ce souvenir...

"Pourquoi l'ont-il tuée...? C'était une vraie crème..."

Il quitta le clavier de son ordinateur. Il avait recommencé à écrire en pleine matinée, alors qu'il avait fait son schéma narratif. Le conte de sa propre mort devait se faire durant la mission, afin de placer cela comme un "flash back", de manière à romancer efficacement ce conte. L'écrivain était désormais debout, les poings serrés, l'air dur. Il ne comprenait définitivement pas comment il était possible de tuer une personne avec un tel sang froid... Et pourquoi? Pour une animalité. Pour ce qui devait certainement être la rémunération de sexe avec des enfants... Et de toute façon, rien ne pouvait justifier une telle sauvagerie...

"J'ai... J'ai envie de les massacrer."

Et dans une impulsion, ou peut-être un désir de vengeance, il enfila sa combinaison... Mais pas besoin d'armes. Ce seul tissu était capable de l'élever bien au delà de ses meurtriers... Puis il mit des vêtements par dessus. Un T-shirt noir, une chemise blanche, un pantalon et une veste de costume. De quoi cacher les pastilles, donc. Quant à celles qui se collaient sous le menton, il les mettrait sur place. Oui, il était bien déterminé. Il voulait retrouver ces ordures et leur faire payer leurs crimes... Mais pas les tuer, en tout cas. Il n'était pas comme eux. Cependant il ne pouvait pas rester ainsi, en se disant que ses assassins et ceux de Mariko étaient encore en vie et continuaient leurs atrocités. Il les malmènerait. Puis il les livrerait à la police. C'était aussi simple que cela.
Lorsqu'il arriva à la ruelle par laquelle Mariko était passée, il plaça les pastilles de la combinaison sur son menton. Puis il actionna le mode d'invisibilité de son contrôleur. En continuant à s'enfoncer dans le petit chemin qui menait au chantier, il s'attendait à trouver quelques traces. Pas des indices, mais quelque chose qui montre qu'il y avait des gens qui venaient ici. Il était de notoriété public que cet endroit était abandonné, n'importe qui pouvait éventuellement squatter ici. Mais des truands devaient bien se démarquer d'une certaine manière... Et en effet, cela se vit rapidement: des cartouches usées, éparpillées sur le sol. Et pourtant, cela restait assez étonnant... L'autorité ne venait-elle donc jamais ici? Par peur ou bien par méconnaissance des faits? Dans tous les cas, Sakyo continuait sa marche. Il avait déjà son premier objectif à atteindre: le préfabriqué où cette jeune femme avait été séquestrée. Celui devant lequel il est mort...

Il ne pouvait se permettre d'y entrer en fracas, malgré sa combinaison et son invisibilité. Après tout, il avait un seuil de tolérance assez bas face à la douleur. Et rien n'affirmait qu'il pouvait résister à une balle... Alors il fit le tour et regarda par la fenêtre. Le spectacle ne fut pas celui qu'il attendait: il pensait qu'après leur confrontation, ils auraient déménagé, se seraient installés autre part... Mais non: une jeune femme était là. Bâillonnée, seule, sur une chaise... Le scénario se répétait, mais cette fois-ci, la fin serait différente.
Ni une, ni deux, il fit le tour pour se placer devant la porte. Après avoir désactivé son invisibilité, il entra, le plus simplement du monde: en tournant la poignée. Aucun verrou, rien. Il fallait croire que ces enfoirés ne craignaient rien du tout... C'était une erreur. Mais l'écrivain ne parut pas aux yeux de la femme: elle était inconsciente. Alors, bien évidemment, il la détacha et retira le foulard qui lui servait de bâillon. Après quelques petites claques, elle se mit à battre des paupières... Mais dès qu'elle ouvrit définitivement les yeux, la réaction ne fut pas celle que Sakyo attendait: elle se débattit, agrémentant ses gestes et ses tentatives de griffures d'un hurlement strident. Le romancier plaça alors sa main sur la bouche de la jeune femme, tout en l'immobilisant, la forçant alors à le regarder dans ses yeux vairons. Puis, petit à petit, elle se laissant définitivement faire. Il était trop bon, et cela se voyait. Il ne pouvait en aucun cas être de ces meurtriers...

"Vous n'êtes pas comme eux...

- En effet. J'ai besoin de votre aide pour les faire cesser ces monstruosités. Qu'est-ce que vous pouvez me dire?

- Vous êtes policier? demanda craintivement la femme, avant de sembler se résigner. Non, vous semblez trop jeune... C'est tout juste si vous n'avez pas l'air un adolescent...

- C'est bien parce que je ne suis pas policier que je serais plus efficace face à ces hommes."

C'était une belle femme, de ce qu'en jugeait le littéraire. Elle était légèrement plus vieille que lui. Peut-être un peu plus de la vingtaine. Les cheveux longs, noirs, certainement très beaux s'ils n'étaient pas venus se coller contre la peau transpirante, mêlée aux larmes de la jeune fille. En reprenant son calme, elle paraissait encore plus jolie. Sakyo se vit de plus en plus désolé, surtout en imaginant qu'on pouvait lui avoir infligé des traitements tels que ceux qu'avait dû endurer Mariko...

"Moi, je ne sais pas... répondit la victime. Mais ça fait un moment que j'attends ici... On devrait bientôt revenir me chercher! Je vous en prie, partons!

- Je suis désolé de voir vous infliger cela, mais je ne peux pas le permettre. Nous pourrions être découverts en sortant. Dites moi combien ils sont censés être à leur retour.

- Juste un... Mais c'est un monstre! Pitié! Aidez moi à sortir!

- Bientôt. C'est une promesse. Dès que je me serais occupé de cet homme, je vous aiderais à partir."

Et sur ces paroles, il rattacha les liens de la demoiselle, tout en s'assurant qu'ils n'étaient pas trop serrés. Quant au bâillon, il le laissa autour de son cou: elle avait déjà suffisamment enduré de souffrances. Elle devait pouvoir se libérer toute seule lorsque le moment serait venu... Sakyo, lui, il sortit, actionnant encore une fois son invisibilité après avoir passé la porte. Et le timing fut honorable: un homme venait juste à ce moment. Et pas n'importe quel homme... Celui même qu'il avait assommé à l'entrée du préfabriqué, le jour de sa mort. Avec sa médiocre planche.
Il le laissa passer devant la porte d'entrée, pour mieux l'observer. A présent, il arborait une croûte brunâtre sur l'arrière de son crâne rasé. Détail dont l'écrivain se félicita. Mais pas longtemps, puisqu'il devait agir. Alors au moment où le truand tourna la poignée de la porte, agrémentant son geste d'un "Alors ma jolie?", Sakyo désactiva l'invisibilité usa de la force de sa combinaison pour attraper son ennemi par les épaules et le pousser contre la porte. Une action si violente que la porte, qui ne s'ouvrait que du côté extérieur, fut défoncée sous la force de l'impact, faisant s'envoler des copeaux de bois depuis les charnières. Un cri grave, suivi d'un grognement se fit entendre, tandis que le colosse se retournait pour tenter d'infliger un coup de poing à son assaillant. Mais c'était ne pas connaître l'efficacité de l'ennemi: Sakyo para aisément le coup, sans même forcer sur son bras. C'était incroyable ce que la combinaison dépassait les capacités humaines... Et lorsqu'il fut face à face avec le géant, il se permit un instant de malice.

"Alors, mon gros? Tu me reconnais?"

La victime détacha facilement ses liens pour se réfugier au fond de la salle, empruntant la chaise comme si elle était son seul moyen de protection face au truand. Ce truand même essaya d'utiliser son autre bras pour venir étreindre la gorge de l'artiste. Et pourtant, étrange réflexe, Sakyo se laissa atteindre... pour d'un coup avancer son buste et forcer l'ennemi à tomber au sol. C'est à ce moment qu'il fit comprendre à la femme de sortir.

"Partez immédiatement. Je vous rejoins dehors.

- Qu'allez vous faire?

- Ça ne vous regarde pas. Je vous rejoindrais, je le promets. Allez dans la ruelle."

Et elle partit. Sans doute qu'elle imaginait le pire. Qu'elle pensait que Sakyo allait tuer cet homme, sans l'ombre d'un regret. Mais ce n'était pas le cas. Simplement, on ne pouvait pas dévoiler à tout le monde que l'on était déjà mort une fois... Alors il se mit à califourchon sur le colosse, immobilisant ses bras sur le sol, lui donnant une allure de faux jésus.

"Tu te souviens de moi?

- T'es qui? Je t'ai jamais vu de ma vie!

- Qu'est-ce que tu as derrière la tête?

- J'sais pas! J'ai reçu un coup!

- Tu te fous vraiment de moi, hein?"

Suite à ses paroles, il posa sa main droite sur celle du géant. Puis, d'un coup, il serra cette même main, faisant ressortir des sons de craquements monstrueux, traduisant un broyage certain des métacarpes... Un hurlement s'en suivi, mais Sakyo n'avait pas terminé.

"Y'a trois semaines, tu étais ici. Y'avait ton boss, et vous avez kidnappé une fille.

- Qu'est-ce que ça peut te faire! cria-t-il tout en s'étouffant dans ses larmes.

- Tu peux même pas expliquer pourquoi deux de tes potes ont été plombés ce jour là?

- ON SAIT PAS! MERDE! ON SAIT JUSTE QU'ON A ÉTÉ BLESSES!"

Ainsi donc, Gantz avait effacé tout souvenir de son passage ici... Mais cette femme, alors qu'il avait tenté de la sauver, il s'en souvenait... C'était une association étrange d'idées. Mais au moins, cela pouvait le sauver. Il n'irait peut-être pas en prison comme il l'imaginait. Il restait à savoir si on se souvenait de lui comme ayant accompagné Mariko... D'ailleurs, l'écrivain avait une dernière question à poser. Et cela la concernait.

"Ce jour là, une autre fille est venue. Elle avait les cheveux roux, c'était une collégienne.

- J'ai rien fait avec elle! Je le jure! Je me contente de tabasser, moi! Je nique pas les mômes!

- Bien, tu remontes légèrement dans mon estime. Alors tu vas me dire ce qui lui est arrivé.

- J'étais pas là!'

Un dernier affront qui n'allait pas être pardonné: Sakyo serra encore plus la main du meurtrier, jusqu'à laisser une grosse flaque de sang s'étaler lentement sur le sol. Évidemment, un second cri fut poussé, mais moins fort. Sans doute que la douleur s'effaçait à force de présence, tout comme Sakyo l'avait vécu lors de sa mort: il ne s'entait plus que des vibrations.

"D'accord! D'accord! D'accord!

- Parle! Ne tourne pas autour du pot! Je ne serais pas aussi gentil!

- C'est Kenji... Il a dit que ce jour là, une fille était venue... et avait appelé les flics. D'ailleurs y'a eu une courte fusillade, sans plus de victimes, le soir. Il a dit qu'il l'avait coursée dans le chantier... Et puis il l'a dessapée. Il voulait se la faire mais elle s'est défendue! Et puis elle est tombée dans les escaliers, et quand il a essayé de la récupérer, elle était plus là! C'est la vérité! Je le jure!"

On se souvenait donc d'elle parce qu'elle avait été téléportée dans le secret. Contrairement à Sakyo, qui lui, avait été transféré sous les yeux des truands, en leur ôtant la mémoire pour qu'on ne puisse pas remonter à lui... Ainsi, certaines choses s'expliquaient, du moins pour ces pseudos yakuzas. Et il y avait un avantage: si on ne le reconnaissait pas, il avait un effet de surprise... C'est alors que sur cette réflexion, le gantzer entendit son ennemi gémir, et apporter des renseignements en plus...

"Tu pourras pas le rater! Il a les cheveux mi-longs, bleus! Laisse moi partir maintenant!"

Et là, Sakyo innova dans l'efficacité de la combinaison. Il concentra toute la force possible dans son seul majeur. Et c'est alors qu'il infligea une pichenette monumentale au géant, lui faisant rebondir sa tête contre le sol pour finalement paraître totalement inerte: Il était inconscient. C'était la seule chose qu'il avait trouvé à faire face à un humain tout en utilisant sa combinaison sans risquer de tuer qui que ce soit. Il fouilla ensuite dans les poches de sa victime, en sortit son portable et appela les urgences en imitant une voix rauque (au cas où). Et pas seulement: la police aussi allait bientôt venir ici.
Pendant un instant, Sakyo respira. Il venait de faire quelque chose d'incroyable. Et de nouveau. Lui qui voulait mourir en héros, il venait d'en devenir un en sauvant cette jeune fille... Et il pourrait peut-être même en devenir un définitivement en réussissant à trouver le moyen de démanteler ce réseau... Mais c'était une réflexion dangereuse... Il n'était qu'un artiste, et il n'avait que sa combinaison pour seule force... Ses projets d'écrire son aventure étaient déjà utopiques dans l'idée de publier cela aux yeux de tous... mais s'il devait en plus essayer de devenir un justicier, il risquait vraiment sa vie... Et peut-être même que Gantz pourrait le tuer s'il devenait trop gênant... Mais l'assouvissement de cette impulsion fut une libération malgré tout. Il pouvait désormais marcher en toute liberté, le cœur battant, plein de courage. Cette oppression qu'il subissait depuis la disparition de Kyou et Reika avait disparu... Enfin... pour l'instant.
Puis il sortit du bâtiment, dans une course, rejoignant la jeune fille qu'il avait sauvée. Elle allait devoir lui donner d'autres informations quant à ce réseau de présumés yakuzas. Et ce n'était encore que le début de la journée...


Ce n'était pas qu'une illusion. Cette douleur, je la sentais. Et ma peau, déchirée, mes cris, étranglés, je les entendais.
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Sakyo Jinnai

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Mar 27 Juil 2010, 19:10

Sakyo eut vite fait de rejoindre la jeune fille qu'il venait de sauver. Et ils eurent vite fait de quitter le chantier aussi... pour aller dans un magasin de vêtements: cette pauvre fille était complètement débraillée. Sa jupe était déchirée, son T-shirt était tâché par la transpiration, certains boutons manquaient à sa chemise et l'une des manches de sa veste en jean était déchirée. Le romancier débordait de gentillesse aujourd'hui: il venait de sauver une belle femme d'un éventuel trafic humain, et maintenant il lui payait de nouveaux habits. Cela dit, elle n'exagéra pas en profitant de cette bienveillance: elle se contenta d'acheter un pantalon beige, un T-shirt blanc et une chemise blanche elle aussi. Rien de très particulier donc, juste le nécessaire qui pourrait la vêtir dans l'éthique. Et même si le vendeur avait vu l'arrivée d'un personnage aussi débraillé qu'elle d'un mauvais œil, il se contenta de commercer sans poser plus de questions. Quand ils sortirent, Sakyo se permit de proposer un élastique à son interlocutrice (il en gardait toujours sur lui, comme il avait les cheveux très longs). Elle accepta cet autre présent et coiffa ses magnifiques cheveux en un petit chignon. Étrangement, suite à ces achats, elle semblait presque méconnaissable. Elle gardait un charme certain, mais paraissait d'un coup beaucoup plus séduisante, alors même qu'il n'y avait que ses cheveux et sa poitrine (pourtant couverte) qui montraient un aspect féminin chez elle. Son regard de crainte s'était transformé en une impression de joie de vivre. Et cela, l'écrivain s'en félicitait plus que tout.

"Merci encore...

- Sakyo. Sakyo Jinnai. Mais appelez moi Sakyo, je vous en prie.

- Non, vous avez trop fait pour moi. Laissez moi vous appelez Jinnai-dono...

- Je suis honoré de votre reconnaissance..."

Ils marchèrent un instant, en plein silence, puis le romancier remarqua qu'ils se dirigeaient déjà à son domicile.

" Où comptez-vous aller, maintenant?

- Je ne sais pas...

- Quoi? Vous n'avez pas de chez vous?

- C'est que je vivais encore au crochet de mes parents pour mes études... Mais il y a deux semaines... J'ai décidé de fuguer. C'est idiot, je suis tellement trop vieille pour ces bêtises...

- J'imagine qu'il devait y avoir quelque chose pour avoir pris cette décision malgré tout. Toute action n'est pas forcément une bêtise s'il s'agit d'une cause, d'un but.

- Je ne veux pas rentrer chez moi... Et je ne veux pas non plus vivre chez mes amis...

- Pourquoi donc?

- Vous m'avez sauvée, répondit-elle après un long moment d'hésitation. Je vous dois d'être franche... Mon père est quelqu'un de violent, et il n'apprécie pas que je ne réussisse pas toujours en classe... En allant vivre chez des amis, en collocation, je pensais que ça règlerait des problèmes, mais ils sortaient souvent. Et ils voulaient que je les accompagne, aussi... Un soir, j'ai pas mal bu... je me suis évanouie puis réveillée au milieu d'autres filles dans un camion... On nous a emmenées dans une boîte de striptease... Mais c'était pas tout: ils voulaient nous prostituer officieusement... Quand ça a été mon tour, j'ai tenté de fuir. Puis après plusieurs concours de circonstances, je me suis retrouvé dans le préfabriqué. Là où vous m'avez trouvée."

Ce discours laissa le romancier sans voix... Alors qu'il venait de vaincre un colosse, il se sentait sans même une once de pouvoir. Toute ce malheur qu'elle avait enduré, que pouvait-il y faire? Il comptait bien démanteler ce gang, mais qu'en serait-il d'elle? Arriverait-elle au moins à vivre comme avant suite à ce cauchemar éveillé qu'elle avait vécu? En deux semaines, tous les malheurs du monde semblaient s'être abattus sur elle. Et tandis que Sakyo comptait se battre contre cette bande de yakuzas pour une raison personnelle, il avait d'autant plus envie de les jeter en prison pour venger cette femme, en plus de Mariko.

"Vous savez où se trouve cette boîte?

- Vous ne comptez quand même pas...

- Si. J'en suis capable, croyez moi."

Elle tenta tant bien que mal de le dissuader de sa folle entreprise, mais rien n'y fit. Si bien que dès qu'il eut appris le nom et la localisation de la boîte de striptease, il s'en alla, sans demander son reste. Il s'arrêta seulement un instant, alors que la jeune femme l'avait appelé.

"Je m'appelle Ayaka Anzu. J'espère que l'on se reverra, Jinnai-dono..."

"Le destin nous le dira" pensa Sakyo. Puis il se remit en chemin. Oh, bien sûr, il aurait aimé pouvoir l'héberger. Elle était magnifique cette femme... et la bienveillance du littéraire faisait qu'il ne pouvait s'empêcher d'avoir dû prendre cette décision. Il avait besoin d'être accompagné, de puis. Il avait besoin d'un confident, d'un ami, tant il était seul depuis le départ de Kyou et Reika... Mais il risquait sa vie en côtoyant sa vie de gantzer avec celle d'une femme qui ne connaissait rien de ces missions. Sans doute que sa tête finirait par exploser, à cause d'un mot de travers... Aussi, il ne proposa rien de cela. Il savait pourtant à quoi il s'engageait: il resterait seul encore une fois. Mais au moins, il serait en vie... Et qui sait? Peut-être finirait-il par la retrouver? Ce serait sans doute l'idéal...

Quand il arriva devant la boîte de striptease, il la trouva bien entendu fermée. C'était pourtant évident, ce genre d'établissement ne devait ouvrir que le soir après tout. Mais c'était avant tout le QG d'une bande de yakuza. Et il devait forcément y en avoir quelques uns ici. Il fit le tour des lieux en activant son module d'invisibilité, puis remarqua un homme adossé à un mur, une clope au bec. Juste en face de lui: une porte menant très certainement à l'intérieur des locaux. Un obstacle bien faible pour le personnage qu'il était, doté de sa combinaison: il avança, faisant de plus en plus de bruit pas à pas. L'homme sortit un pistolet, mais cela n'arrêta pas Sakyo, qui bondit sur son adversaire, attrapant son poignet pour changer la trajectoire du tir. Aucun coup n'eut le temps de partir: l'écrivain poussa violemment l'ennemi contre le mur qui s'évanouit immédiatement sur la violence du choc dû à la force de la combinaison. Le mur de brique du bâtiment voisin arborait à présent un creux de taille humaine.
Suite à cette première et courte altercation, Sakyo attrapa le pistolet, le rendant invisible en activant une seconde fois sa fréquence, puis ouvrit la porte... Du coup de pied le plus violent qu'il put donner, faisant littéralement sauter les gonds pour s'écraser contre le mur d'un face... emportant un autre jeune homme dans sa course. Il y avait trois hommes dans la salle. Tous armés, y compris celui qui s'était retrouvé sous la porte de métal, à moitié dans les vapes. Des jurons mêlés à des cris rendirent la scène incompréhensible. Surtout pour eux à vrai dire. Sakyo, toujours armé de sa fatale invisibilité, attrapa l'un d'entre eux pour le jeter sur le dernier debout. Quant à celui encore piégé sous la porte, il se permit d'asséner un coup de pied maladroit sur celle-ci, plongeant une bonne fois pour toute la victime dans le monde des songes.
Difficile de trouver une utilité à cette salle, ou bien le rôle qu'elle pouvait jouer en ce lieu. Elle n'avait rien de particulier, sinon des étagères vides, une table et quelques chaises. A croire que ceux qui venaient ici ne se contentaient que d'attendre. Mais il n'avait pas le temps de penser à de telles choses: il était entré dans un véritable fracas, et à présent d'autres ennemis venaient pour en découdre. Trois autres de ces yakuzas, encore une fois. Sauf que cette fois-ci, ils furent bien spécifiques... Deux d'entre eux s'étaient trouvés sur le lieux de son propre meurtre... Et le troisième avait les cheveux bleus... Sans doute était-ce ce Kenji. Mais bien évidemment, ils ne pouvaient pas encore voir Sakyo. Ce dernier profita qu'ils s'occupent de leurs coéquipiers pour désactiver son invisibilité, afin d'avoir une confrontation plus... personnelle avec eux.
Lorsque cela fut effectué, il visa les bras armés des adversaires afin de les rendre incapables de se défendre. Les tirs se firent dans un écho assourdissant, offert par la salle aux murs métalliques... et les balles se logèrent toutes dans les épaules de pauvres yakuzas, incapables maintenant de lever le bras droit. Mais cela ne s'arrêta pas là: Sakyo attrapa l'un de ses anciens meurtriers pour lui asséner un coup de genoux dans le ventre, brisant très certainement quelques côtes au vu de la violence de l'impact. Puis il prit les bras du deuxième meurtrier pour, d'une pression sèche et impitoyable, les briser. Les deux s'effondrèrent sur le sol, pleurant de toutes leurs larmes pour finalement s'évanouir, sans doute à cause de la douleur. Ne restait plus que l'homme aux cheveux bleus... Celui là, Sakyo allait se faire un plaisir de s'en occuper...

Il avança vers lui, tandis que ce dernier lui hurlait de reculer, pointant son arme du bras gauche. Mais il n'eut même pas le temps de tirer: Sakyo donna un coup de pied dans le bras du truand, faisant virevolter son arme, mais offrant surtout un aspect quasi caoutchouteux au membre qui se brisa immédiatement en deux. Évidemment, un cri retentit, mais il n'en resterait pas là: l'écrivain attrapa le jeune homme par le col, le portant ainsi à la hauteur de ses yeux.

"Tu te souviens pas de moi, hein?

Plus autant de fierté, comme l'on peut en trouver autant chez ces truands: il se mit à pleurer toutes les larmes de son corps, le suppliant de partir.

"Non... Non, évidemment, tu ne te souviens pas de moi. Pas contre, y'a plusieurs semaines, tu as vu une fille. Une collégienne, une gamine. Elle était rousse. C'était au chantier.

- Je me souviens... sanglota-t-il en reniflant.

- Tu l'as touchée?

- ...Oui..."

A ces mots, Sakyo posa sa main droite contre le bras droit de sa victime, relevant ainsi le membre tout en faisant sangloter un peu plus l'homme aux cheveux bleus, certainement à cause de la balle encore logée dans son épaule.

"Tu l'as violée?

- Non... Elle est partie trop vite...

- C'est déjà ça. Mais elle est morte.

- Je l'ai pas tuée! s'exclama-t-il.

- Ça, je veux bien le croire. Mais tu es responsable de sa mort.

- Non... Non je n'ai rien fait...

- Je devrais donc t'épargner même si tu avoues avoir eu envie de la violer? Et tu aurais fait quoi si tu en étais arrivé à ton but. Tu l'aurais laissée se prostituer? Ou bien tu l'aurais juste abandonnée avec ses maux? Tu as contribué à la destruction de sa vie, enflure. Et je vais te le faire payer.

- Non! Non! Pitié! Je ne veux pas mourir!"

Cette dernière phrase fut presque incompréhensible tant ses pleurs étaient conséquents. Sa voix était étranglée, son nez était plein, coulant jusque sur son menton. Et en baissant les yeux, Sakyo put même voir que son pantalon était mouillé... La situation changeait, cette fois-ci... Alors qu'on l'avait tué en le battant à mort, ici, il pouvait rendre la pareille à l'un de ses assaillants... Et même s'il était quelqu'un de bon, il fallait avouer que la tentation était forte malgré tout... Mais il n'en fit rien. Cependant il n'allait pas en rester là. D'un coup, il pressa sa main sur le bras du yakuza, lui broyant littéralement l'os. Ses deux bras hors service, Sakyo vit ensuite une leçon plus intéressante et à même de compenser ne serait-ce qu'un peu les crimes de ce violeur... Se répugnant à le faire tout de même, il attrapa l'entrejambe du criminel.

"NON! NON ARRÊTE! ARRÊTE MEC! JE T'EN SUPPLIE!

- Et Mariko, elle t'a supplié avant de mourir?"

Sur ces mots il pressa définitivement la main sur les organes génitaux de l'homme, le laissant s'évanouir après un ultime cri de douleur...

Il avait déjà réalisé l'un de ses objectifs: venger Mariko. Certes, cet homme était encore vivant, mais quel crédit pouvait-on donner à un yakuza? Il allait devenir un eunuque en prison, voilà tout. Ainsi que tous les autres membres de ce QG. Mais il avait encore du chemin à parcourir: en traversant les couloirs, il vit la salle où se déroulaient les poledancings, totalement vide. Les autres salles individuelles l'étaient aussi. Mais en montant l'étage il entendit beaucoup de voix. Des voix de femmes...


Ce n'était pas qu'une illusion. Cette douleur, je la sentais. Et ma peau, déchirée, mes cris, étranglés, je les entendais.
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Mer 28 Juil 2010, 01:53

"Je suis sûr que c'est une autre bande de yakuza qui vient nous chercher!

- Tais toi! T'es parano!

- De toute façon, que ce soit ça ou autre chose, ça peut pas être pire si on quitte cet endroit...

- Ce Kenji me fait vomir... Et le boss aussi...

- Taisez-vous! Y'a du bruit dans l'escalier!"

A mesure que Sakyo s'approchait de la porte, stoppant sa progression dans la cage d'escaliers, il pouvait entendre une forte respiration contre la porte. Le genre de respiration accélérée à cause de la peur, plutôt que par un exercice physique. Ne voyant pas de danger en ces lieux, il se permit de désactiver son invisibilité pour élever la voix.

"Ouvrez moi donc la porte. Vous ne risquez rien avec moi."

Les réactions furent immédiates et virulentes. Toutes opposées. Certaines avaient encore plus peur, d'autres semblaient voir en lui une espèce de messie, certaines imaginaient simplement la voix d'un autre des yakuzas. Mais au final, une seule voix se démarqua du lot, faisant se taire toutes les autres donzelles qui n'avaient que crier soit de peur, soit d'excitation...

"On est enfermés ici, qu'est-ce que vous croyez? On est pas toutes là parce qu'on l'a souhaité!

- Je t'emmerde, Hana!

- Bien, reculez, ne restez pas dans la trajectoire de la porte, répondit-il.

- Qu'est-ce qu...

Voyant le caractère de ses interlocutrices, il comprit que parler à travers une porte ne résoudrait rien. Aussi, il donna un coup d'épaule sur la lourde porte. Elle ne sortit heureusement pas de ses gonds, mais elle s'ouvrit violemment pour terminer sa course contre le mur, dans un fracas assourdissant. Devant lui s'ouvrait à présent ce qui s'apparentait à un grand dortoir, faisant certainement la taille de la salle où se déroulaient les stripteases "publics". Une bonne douzaine de lits s'alignaient. Une salle meublée avec un mobilier plus que modeste. Deux armoires et six commodes pour douze personnes... Et en effet, onze personnes étaient là. Sans doute que la douzième se trouvait être Anzu... Elles étaient toutes magnifiques, et pourtant, puisque la "journée de travail" ne semblait pas être commencée, elles n'avaient aucunement arboré de petites tenues aguicheuses. Toutes jeunes, certainement toutes moins de vingt-cinq ans... C'était un gâchis de se retrouver dans une telle situation... Sakyo pensa un instant à Anzu, puis se rendit compte qu'elle pouvait-être d'une certaine aide dans son discours... Aussi, il enchaîna directement, après un silence pesant.

"Anzu va bien. Elle est libre. Et vous l'êtes aussi à présent.

- Merci...

- Ah oui alors! Merci! Applaudissons! Et moi alors? J'avais besoin de ce travail, et il me dérangeait pas! Je dis pas pour les autres filles, mais...

- Tu l'as dit toi même! On ne pouvait qu'être mieux ailleurs! T'as qu'à te barrer faire le tapin pour d'autres personnes!

- C'est vrai! Cet homme nous a sauvées! Même toi! Il te laisse le choix de partir au lieu de te jeter en taule pour prostitution, alors saisis ta chance! Pauvre conne!

- STOP! FERMEZ VOS GUEULES!"

D'un coup, les femmes se turent. Certes, il les avais sauvées, mais il n'avait pas besoin d'une scène d'engueulade entre onze pimbêches... Mais cela dit, il était vrai qu'elles avaient touché un point important. Il leur donnait la liberté, mais certaines d'entre elles allaient devoir continuer à travailler dans ce genre de milieu... C'était une chose à laquelle il n'avait pas pensé: ce gang n'en était qu'un parmi tant d'autres. Et même s'il pouvait venger Mariko, Anzu, toutes ces filles et lui même, jamais il ne pourrait vaincre le crime... Le visage d'Antonio lui revint un instant en mémoire, alors qu'il se sentait de plus en plus faible et inutile au combat... Puis il reprit la parole, parce qu'il le fallait...

"Vous êtes libres. Ça signifie que si vous voulez continuer à la prostitution en plus du striptease, il y aura un tas d'autres enfoirés pour s'occuper de vous. Si vous voulez rejoindre votre famille, vos amis, travailler, vous le pouvez à présent. Ce gang sera démantelé et vous ne risquerez plus rien de celui-ci. Mais j'aurais besoin de votre aide. En terme de renseignements."

Celle qui s'était montrée comme étant la plus silencieuse et la plus craintive s'avança, à la surprise d'apparemment tout le monde. Puis elle se mit à la remercier encore une fois, avant de lui demander quelles étaient ses questions.

"Combien y a-t-il de personnes dans ce gang?

- Pas énormément... elle compte sur ses doigts. Dix en fait. Ils ne sont pas un "gang" à part entière. C'est un groupe de truands qui s'occupe d'une des propriété d'Inagawa-kaï. D'ailleurs, il s'est lui même déplacé pour les remettre en place... Vous savez, ils ne respectent pas le gokudō à la lettre...

- Je me suis battu contre une personne sur le chantier et sept autres ici même. Vous avez une idée de qui et où sont les deux autres?

- Le chef et son bras droit, c'est évident... Il reste encore un étage. Il y a leurs bureaux et une salle où on se prépare pour les "spectacles"... En fait ils aiment nous voir passer, c'est pour ça...

- Que se passera-t-il pour Inagawa si je m'occupe de ces types?

- Il enverra d'autres personnes pour s'occuper de sa propriété, évidemment... Mais il n'appréciait tellement pas ce manque d'éthique que je crois que vous ne risquerez pas grand chose... Simplement, ne laissez pas de preuves... d'accord? Ah! Et autre chose... à l'étage il doit y avoir tous nos papiers... On en aura besoin si on veut continuer à vivre plus facilement..."

Sakyo acquiesça d'un signe de tête, puis se mit à grimper les escaliers. Lorsqu'il eu passé le premier palier, de façon à ce qu'on ne le voit plus, il activa encore une fois son module d'invisibilité pour finalement se retrouver en haut des dernières marches, face à une porte bien différente des autres: si le reste du bâtiment était dans l'architecture massive, ici, elle semblait bien plus raffinée. Une porte décorée et sculptée de quelques petits dragons encadrant son centre. Mais ce n'était pas tout: aucun son ne sortait. Cela dit, c'était normal: il avait fait beaucoup de bruit en arrivant ici... Ils devaient forcément être alertés... Alors il se mit à côté de la porte de bois, dos au mur... puis cogna trois fois sur celle-ci. Mais à peine eut-il le temps d'enchaîner le troisième coup qu'une violente douleur vint le percuter à la main, accompagné de nombreux coups de feu, rugissant à la manière d'un démon qui cracherait du feu. En examinant sa main qui avait alors laissé tomber son pistolet, il remarqua avec bonheur que la balle s'était écrasée sur son dos, sans pour autant traverser la combinaison. Mais le coup fut tout de même assez violent pour laisser durer une douleur importante pendant quelques secondes, chose qu'il n'avait ressenti que face au martien smoker, ayant tordu son dos comme un véritable élastique...
Mais il ne servait à rien de penser à de telles choses en cette situation... Les tirs avaient cessé... et à travers les trous dans la porte, la lumière se reflétait sur le carrelage du palier... peu à peu couverte par une ombre grandissante. Ce n'était qu'une supposition, mais Sakyo devina que l'une de ses victimes (car elles en étaient bien) tentait d'évaluer la situation en regardant à travers les impacts... Grave erreur: Sakyo bondit de son pan de mur pour enfoncer la porte avec une facilité déconcertante, emportant avec lui celui qui était certainement le second du pseudo chef, qui était lui caché derrière son bureau (de très bonne facture), un pistolet bien plus gros et menaçant à la main. En cette courte vision, l'écrivain eut le réflexe impressionnant de relever son assaillant, déjà très sonné, pour l'utiliser comme un véritable bouclier humain. Et chose étonnante: le chef tira tout de même dans le dos de son partenaire, ralentissant tout de même la course du gantzer qui se voyait frappé par des balles (malgré tout amorties par le corps du yakuza). Mais au final, il réussit à parvenir jusqu'au niveau de son ennemi, laissant tomber le corps du "partenaire". Il décrivit un arc de cercle avec son bras, faisant voler l'arme du chef, pour mieux l'attraper par le col. C'est alors qu'il réalisa que le liquide bleu coulait de sa combinaison... Les balles ne l'avaient pas blessé, mais elles avaient de toute évidence contribué à épuiser les ressources de la tenue. Mais heureusement... cela tombait au bon moment...

"Bordel! T'es qui?!

- Tu as tué des katagari, tu as tué un membre de ton gang, tu as contribué aux viols de plusieurs femmes, certains de tes employés sont des camés... et tu oses te proclamer Yakuza? Boryokudan...

- Arrête! Si tu me tues, Inagawa va te chercher et te le faire payer!

- Je crois plutôt qu'il sera heureux de ne plus avoir à s'occuper de merdes comme vous..."

L'avantage du fait que la combinaison ne fasse plus effet, c'était qu'il n'avait plus besoin de mesurer ses coups à présent. Il se découvrit une force et une rage hors du commun, presque plus importante que celle qu'il avait eue en osant affronter ces "yakuza" seul sur le chantier. Ce jour là, il avait su désarmer un homme, le forcer à tirer sur ses alliés et même assommer un de ces colosses... Mais cette fois-ci, il avait l'avantage sur un homme seul désarmé et bien plus faible. C'était lâche, d'une certaine manière... Mais étrangement, Sakyo ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il "l'avait bien mérité comme tous les autres". Alors il le jeta au sol, se mit à califourchon sur lui et lui asséna des dizaines de coups de poing en plein visage. Progressivement, le visage pâle et ridé de l'homme venait se tinter de violet, de rouge et même de blanc: la salive. Et évidemment, ce dernier finit, après avoir tenté en vain de se protéger, par devenir totalement inerte. C'est seulement après avoir découvert une flaque de sang suffisamment importante sur le sol que Sakyo s'arrêta, pour finalement se relever et constater la situation...

"Mon dieu... Qu'est-ce que j'ai fait...?"

Tout cela ne lui ressemblait pas... Il avait toujours eu du courage, certes. Il avait bien effectué son entreprise qui était de venger Mariko... Mais avec une telle violence... Certains ici, notamment Kenji et le "boss" étaient proches de la mort... Et c'était lui seul qui avait fait cela. Pouvait-on seulement appeler ça une force que de se réduire à détruire des hommes de la sorte? Il était une crème, quelqu'un qui essayait toujours de trouver des compromis. Mais face à l'injustice qu'il avait vécue: sa mort, celle de Mariko, qu'il aie appris à propos de ce réseau de prostitution... Il n'avait pas cherché à comprendre. Simplement, ces personnes méritaient leur sort. Elles avaient traité des humains d'une manière monstrueuse, et Sakyo leur avait rendue la pareille en ce sens... Aussi, chose étonnante, il se résigna plutôt que de continuer à se poser des questions. Oui, il avait bien fait. Il n'avait tué personne d'ailleurs. Du moins, pas concrètement...
En enjambant le cadavre du second, il s'en alla chercher dans les tiroirs du bureaux pour finalement trouver très facilement un sac plastique avec tous les portefeuilles des stripteaseuses. Il ne s'attarda pas plus dans la salle, alors qu'il pensa pourtant pendant un moment à piocher dans l'éventuel argent qui pourrait se trouver ici. Il passa simplement dans l'escalier, jeta le sac plastique dans le dortoir des filles accompagnant son geste d'un "Quand vous sortirez, appelez la police et les urgences pour neuf personnes". Puis il continua sa course dans l'escalier pour ensuite sortir dans la ruelle. Et d'un coup, réaction encore une fois contradictoire avec sa pensée... Il se mit à vomir.
La flaque était venue atterrir entre les jambes de la sentinelle, encore gisante devant son trou dans le mur, créant une flaque de bile jaunâtre, dévoilant le repas inexistant qu'eut Sakyo dans la journée. Quand il remarqua cela, il jeta un coup d'œil à la montre du pseudo yakuza: cinq heure de l'après midi... Il avait donc passé tant de temps à s'occuper de ses assassins... Au moins, cela était fait... Mais alors qu'il s'en allait chez lui, il ne pouvait s'empêcher de se demander qu'est-ce qui l'avait tant changé... Il n'avait pas même pensé un instant à s'occuper d'eux alors qu'il était encore accompagné de Kyou et Reika... Mais dans la solitude, il s'était découvert ce besoin de vengeance... Continuerait-il seulement à agir de la sorte dans la chambre? Même: continuerait-il seulement à agir ainsi, tout court? Au moins, y penser voulait dire qu'il n'avait pas perdu sa sensibilité et sa bienveillance. Et ce remarque intérieure lui fit réaliser qu'il resterait toujours ce jeune homme courageux et bon, mais que désormais, il aurait plus de dureté avec ses ennemis...
C'est sur ses pensées qu'il s'en alla chez lui, avec le son des sirènes de la police, déjà en train de retentir dans les rues de Tokyo...


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Équipement/Armement: Y-Gun (+déclencheur), X-Gun, Contrôleur, Combinaison, Manteau, Masque à gaz, Talkie-Walkie, Trousse de soin dans sac à dos.

Mer 28 Juil 2010, 18:13

Le lendemain de son altercation avec les yakuza, Sakyo vit que son geste avait été remarqué par les autorités, mais aussi par les médias. A la télé, sur plusieurs chaînes, on parla du fait que des truands avaient été retrouvés agonisants dans une boîte de striptease. Évidemment, on ne fit aucun lien avec Inagawa-kai: ils ont dû comprendre qu'il leur fallait se taire par rapport au "père", même s'ils n'avaient pas suivi la voie chevaleresque à la lettre. Cependant, si on ne trouva aucune fille pour les interroger sur leur "messie", les victimes, elles, avaient confié elles-même qu'une seule et même personne s'était attaquée à eux. Malheureusement, l'écrivain avait un peu trop insisté sur les menaces et les demandes de renseignements... Aussi, on le catégorisa immédiatement comme étant un Katagari qui se serait vengé des ignominies commises par cette bande de meurtriers... Mais dans tous les cas, il s'en tirait bien. Après tout, personne hormis Anzu ne connaissait son nom. Et vu l'aide qu'il lui avait apportée, il doutait bien qu'elle ferait la bêtise de divulguer son identité n'importe où...
En fait, pour une fois, tout semblait se passer pour le mieux. Bien entendu, il manquait encore cette présence nécessaire qu'occupaient Reika et Kyou, mais sur le point pratique, Sakyo s'en sortait bien. Il s'était vengé lui même, ainsi que Mariko, Anzu et toutes ces autres femmes... Sa nouvelle avançait à grands pas, même s'il semblait bien que sa publication allait devoir prendre plus de temps que prévu... De plus, il semblait bien que personne ne l'avait soupçonné de quoique ce soit quant à la disparition de la collégienne. Autrement dit, sa vie, en dehors de Gantz, se déroulait mieux qu'il ne l'aurait pensé. Cependant, il ne pouvait toujours pas se retenir de penser à ses alliés, qui avaient maintenant disparu. Pendant un instant, même, il pensa à essayer de retrouver la "véritable" Reika, pour voir si elle était capable de le reconnaître... Mais la connaissance acquise à travers le site de Nishi lui indiqua que cela n'aurait été que peine perdue. En vérité, il ne lui restait qu'un seul moyen de retrouver ses deux compagnons, et c'était de demander à Gantz de lui montrer la liste des personnes décédées... Si leurs visages s'affichaient, alors il devrait accumuler les centaines de points pour avoir la force de rester en vie et de les ramener avec lui. Mais étrangement, cela signifiait alors qu'il n'y aurait sans doute aucun espoir de les retrouver s'ils n'apparaissaient pas sur l'écran... Il s'agissait de savoir s'ils étaient seulement en vie... Les personnes mortes en dehors des missions étaient censées apparaître sur la boule, mais la disparition de ces deux personnages s'était faite de telle manière que cela amenait le romancier à se poser trop de questions. Et évidemment, des questions auxquels il n'aurait sans doute jamais de réponses...
Mais l'espoir demeurait tout de même.

Sa journée ne fut pas bien enrichie en évènements. Il s'était contenté d'écrire en regardant les infos... C'est alors qu'un frisson lui parcourut l'échine. Une sensation obscure, qu'il n'avait pas ressentie auparavant. Il se sentit... différent. C'était le seul mot que l'on pouvait donner à ce sentiment là. Il avait l'impression d'être appelé. Il repensa un moment à Kyou, qui avait soutenu qu'il serait appelé, ainsi qu'à Reika qui avait pris le temps de se préparer elle aussi... Alors il fit de même. La nuit commençait à tomber, et immédiatement après avoir ressenti l'appel de Gantz, il enfila sa combinaison, prit des vêtements en plus pour se couvrir (question de pudeur, la combinaison laissait un peu trop entrevoir quelques attributs masculins...) et mis ses armes dans les poches de son manteau. Mais ce n'est pas tout: durant plusieurs semaines, il avait travaillé avec ses partenaires pour occuper un poste important qui nécessiterait son ordinateur... mais aussi, éventuellement, une arme efficace en longue distance. Il fixa alors les holsters de sa combinaison, dans le but d'y accueillir un X-Shotgun. Quant à son notebook, qui lui permettrait d'évaluer plus facilement la situation, il le mit dans une petite sacoche qu'il porterait en bandoulière. Enfin, il fixa son contrôleur à son bras gauche et mit, en plus de son petit ordinateur, des câbles USB qui lui permettraient d'y connecter ses armes, son contrôleur et aussi un petit caméscope sans prétention qu'il avait déjà ramené chez Kyou. Ainsi, il pourrait connaître les points que représenteraient ses prochains adversaires, mais il pourrait aussi les repérer d'une manière plus large. Son but, aujourd'hui, n'était pas seulement de survivre: c'était de gagner des points et faire en sorte que personne ne puisse mourir aujourd'hui...

Lorsqu'il fut prêt, il s'assit sur le bord de son lit, gardant une respiration de plus en plus accélérée. Certes, il voulait ces points, et il s'était préparé au combat... Mais repartir dans cette chambre lui rappela aussi qu'il avait failli perdre la vie trois fois. Et d'une certaine manière, il s'était vu mourir trois autres fois, dans le "songe" du martien skull... Tant de gens étaient morts ce jour là... Mariko, Saki, l'aveugle...
Quand la téléportation le paralysa, il respira d'autant plus fort. Il sentait déjà ses cheveux passer dans une autre atmosphère. Puis petit à petit, il commença à voir la boule. Et pourtant, alors qu'il avait songé une nouvelle fois à tous ces morts, à la vie qu'il avait risqué, à ses amis disparus... il n'eut pas peur. En fait, même si ce n'était qu'une seconde fois, il se sentit familier avec elle. Il la détestait, oui, mais ce lien ne se faisait pas dans l'idée d'une "nouvelle besogne". Non, c'était plutôt... un challenge. Un moyen pour lui de montrer qu'il avait changé, qu'il était devenu plus fort, plus dur. Et d'une manière naturelle, il ne put s'empêcher de murmurer:

"Comme on se retrouve, Gantz..."


Ce n'était pas qu'une illusion. Cette douleur, je la sentais. Et ma peau, déchirée, mes cris, étranglés, je les entendais.
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[A5 - Sakyo Jinnai ] FEAR

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